vendredi 31 mai 2013

6 mois à vivre de Marie Deroubaix

 


* Chez J'ai lu
* Sortie : Juin 2013
* Nombre de pages : 143
* Prix : 5 euros



 




Un plaidoyer en faveur de l'euthanasie, écrit par une femme atteinte d'un cancer incurable qui a choisi l'heure et le jour de sa mort en Belgique, en octobre 2011. Elle raconte son parcours afin qu’un jour une loi existe et permette à toute personne se retrouvant dans son cas de bénéficier d'une mort douce et digne. Elle dénonce aussi certaines pratiques hospitalières et l'inertie du gouvernement. 





 


Je remercie tout d'abord la maison d'éditions J'ai lu et plus particulièrement Sandra Boyer pour ce partenariat. 
 

Voici une chronique bien difficile à écrire... Je ne savais pas comment m'y prendre. Alors j'ai décidé de faire une lettre adressée à Marie Deroubaix, même si cette dernière n'aura malheureusement pas l'occasion de la lire...

"Madame,

C'est un sentiment de colère et une envie de tout envoyer en l'air qui m'habitent depuis que j'ai lu votre témoignage.

Vos mots nous percutent, nous bousculent, nous heurtent de plein fouet dans notre conscience et dans notre cœur. Comment peut on rester indifférent lorsque vous dîtes : " A un chien on épargne les souffrances inutiles. Alors, je deviendrai chienne pour que l'on prenne soin de moi. " (p.24) C'est tellement vrai...

Vous lire m'a rappelé le calvaire d'une vieille dame. Je suis infirmière et j'ai commencé ma carrière en gériatrie. La mort nous rendez parfois visite dans notre service. Je me rappelle une dame très âgée, en fin de vie. Je me rappelle de la difficulté de lui faire les soins, de sa souffrance. Je me rappelle de l'avoir vu jour après jour dépérir au fond de son lit. Puis un jour, elle n'a plus parlé, elle n'a plus ouvert les yeux mais son cœur lui, résistait... Sa fille (qui n'était pas toute jeune non plus) est restée auprès d'elle à chaque instant, elle ne voulait pas que sa mère soit seule au moment de partir. Son agonie a duré 15 jours... On l'entendait gémir dans tout le couloir. Sa douleur nous collait à la peau. Nos attentions et la douceur qu'on pouvait lui témoigner ne lui apportaient aucun réconfort. C'est horrible mais nous attendions tous que son cœur lâche... Lorsque c'est enfin arrivé, sa fille est venue me voir et m'a dit " vous ne me comprendrez peut être pas mais je suis heureuse, heureuse pour elle..." Oh que oui, je la comprenait, comment aurait il pu en être autrement alors que nous avions assisté nous aussi à toute cette interminable souffrance..... C'est inhumain, c'est une ignominie d'infliger cela à un être vivant quel qu'il soit. On le comprends très bien, en effet, pour les animaux. Alors qu'attendons nous pour faire preuve du même humanisme pour les Hommes ! J'ai été choquée de voir que vous n'aviez aucune possibilité d'être entendue, que certains même ne vous comprenez pas ou pire se sont montrés agressifs à votre encontre comme ce chirurgien qui vous a fait votre thoracoscopie... En tant que soignante, je peux vous promettre que je ne vous oublierai pas et je parlerai de votre histoire autour de moi !


Après la lecture de votre témoignage, je me suis également beaucoup interroger sur un plan personnelle. Je ne me suis pas trop positionnée comme étant malade moi-même mais je me suis demandée ce que je pourrais faire si une telle épreuve arrivait à un de mes proches ... Oh mon Dieu.... pourquoi nos représentants politiques, ce qui font nos lois, n'ont ils pas pris le temps d'y penser.... Vous dîtes " Je dispose des moyens d'organiser mon euthanasie en Belgique. J'aimerais que tous les Français puissent en bénéficier, dans leur pays, sans pour cela devoir recourir à "ma chance". Qu'ils puissent partir sans souffrance, dans la dignité."...( p.117) Oh mon Dieu.... Je n'ai pas vos moyens et la France n'a pas l'air de se soucier de la question de l'euthanasie.... Comment ferais-je ? Devrais-je un jour me retrouver dans la même situation que la fille de ma patiente âgée ? Lorsque j'y pense, je suis envahie d'angoisse et la seule chose qui est à ma disposition pour l'instant c'est espérer... Espérer que les gens que j'aime auront une fin douce et tranquille comme "la vieille tante qui s'est endormie tout doucement sa tasse de thé à la main"... Ou espérer qu'enfin, un sursaut d'humanisme, de conscience et de réalisme envahisse nos chers politiciens et que ces derniers pensent enfin à soulager, à aider ceux qui malgré tout ne pourront plus voter pour eux par la suite...


Je souhaiterai vous dire tellement d'autres choses encore, mais les mots restent coincés dans ma gorge... Alors je vous laisse vous reposer paisiblement dans votre joli domaine, entourée des arbres que vous avez tant aimés, écouter les oiseaux vous chantaient le printemps....

Je vous murmure quelques mots Madame... "

Quoi dire de plus.... J'espère seulement que le message de Marie Deroubaix ne sera pas vite oublier où mis de côté et qu'il sera enfin entendu .... ENFIN !!!


Ce livre compte pour le challenge suivant :


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